Ségolène Royal s'est insurgée samedi contre le fait qu'un rapport finalisé fin 2006 et dressant un constat accablant des relations entre police et population en Seine-Saint-Denis ait été "caché aussi longtemps", évoquant "des vérités qui dérangent".
De passage à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), pour soutenir les candidats socialistes aux législatives, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle a demandé au président de la République quelles décisions vont être prises pour "rétablir l'indispensable lien de confiance entre la population et le grand service public de la police".
Mme Royal faisait allusion à un rapport de l'Institut national des hautes études de sécurité (INHES), qui dépend du ministère de l'Intérieur, rapport auquel l'AFP a eu accès samedi. Ce document, demandé par le Préfet de Seine-Saint-Denis mais jamais rendu public officiellement, évoque un "climat d'insécurité permanent" entre police et population dans le département, climat qui risque même de s'envenimer.
Mme Royal a rappelé que le préfet de Seine-Saint-Denis avait déjà précédemment "tiré la sonnette d'alarme" mais que "le ministère de l'Intérieur d'alors, qui est l'actuel président de la République, l'avait réduit au silence".
"Je demande au président de la République pourquoi ce rapport a été caché aussi longtemps et quelles décisions vont être prises sans tarder pour rétablir les moyens de fonctionnement de la police", a insisté la présidente de Poitou-Charentes: "Sans doute pendant la présidentielle ne fallait-il pas dire des vérités qui dérangent".
Précisant que ce rapport a été sorti "grâce à quelqu'un qui a envie que la vérité se fasse jour", Mme Royal a affirmé que "maintenant il faut que l'on passe à l'action".
Dans un esprit d'"opposition constructive", Mme Royal a souhaité que ce rapport soit "pris en considération" et que "toutes les conclusions qui en sont tirées soient retenues, en particulier que la police de quartier soit créée".
"La police de proximité et la police de quartier sont des solutions pour rétablir l'ordre juste dans des endroits qui en ont besoin", a ajouté Mme Royal, selon qui "on voit les dégâts auxquels a conduit la suppression" de ce type de police.
Mme Royal a suggéré que le service public de la police "soit présent et ouvert quand la population en a le plus besoin", notamment la nuit.
La direction générale de la police nationale (DGPN) a indiqué samedi que ce rapport de l'INHES était un "document interne qui n'avait pas vocation à être diffusé".
© 2007 AFP
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