Une cinquantaine de militants et sympathisants étaient venus dialoguer avec Yvette Roudy vendredi 8 décembre à Asnières. Une majorité de femmes, comme toujours lorsque l'on débat de l'égalité et de la parité... mais les hommes présents n'étaient pas les moins convaincus.
Yvette Roudy, grande militante, femme d'Etat - elle a été Ministre des Droits de la Femme de 1981 à 1986 - a partagé avec nous sa connaissance de l'Histoire des Femmes et de la Gauche, à travers l'évocation de personnalités exceptionnelles : Olympe de Gouges, Jeanne Deroin, Flora Tristan, Louise Michel, Marguerite Durand... La candidature de Ségolène Royal, évènement historique, aboutissement de cette lutte des femmes, a bien entendu occupé une bonne partie des débats. D'après Yvette Roudy, Ségolène incarne l'espoir des Françaises qui, maîtrisant leur fécondité, réussissant leurs études, leurs carrières, veulent maintenant légitimement accéder à un réel partage des responsabilités politiques. Il faut rappeler que la France est l'un des plus mauvais élèves de l'Europe (au 21ème rang pour la place des femmes élues dans les assemblées, avec un taux moyen de 14%, alors que le taux européen moyen est de 22,4% - les 50% sont encore loin, très loin...). En revanche, nous sommes le pays d'Europe où le taux d'activité professionnelle des femmes est le plus élevé, et un des taux de natalité les plus forts. Comment ne pas voir entre ces trois facteurs une corrélation ? Sans oublier que de nombreuses femmes subissent des situations difficiles : chômage, temps partiel non choisi, familles monoparentales, violences conjugales, etc.
Qu'apportent les femmes en politique et dans la vie professionnelle ?
Un autre style, un autre regard. Moins de langue de bois, moins de fascination pour les attributs du pouvoir. Des valeurs différentes, une sensibilité que beaucoup d'hommes possèdent aussi mais qu'ils ne développent pas ou peu. Petit à petit, les femmes apprennent à se revendiquer pleinement en tant que femmes dans un milieu masculin, et ne se croient plus "obligées" de se comporter comme des hommes.
L'inquiétude s'est exprimée sur la condition des jeunes filles, certains participants évoquant cette génération de collégiennes et lycéennes qui ne semblent avoir le choix qu'entre deux stéréotypes : la femme voilée, et la lolita - objet sexuel. Ces deux options n'en sont pas : dans les deux cas, elles se résument à soumission et passivité... Il apparaît que depuis les années 90, le balancier des Droits des Femmes tend à revenir en arrière, sous l'impulsion de puissantes forces conservatrices. C'est ce qui se passe à chaque fois que l'effort des femmes se relâche parce qu'elles croient être arrivées à un cap.
Yvette Roudy et celles qui l'ont précédée nous le démontrent : la loi ne fait que la moitié du chemin, c'est aux femmes de s'en emparer pour forger elles-mêmes leur Histoire. Ségolène Royal, par l'exemplarité de son parcours, par son approche et sa vision nouvelles, donne envie à beaucoup de femmes de s'investir davantage en politique.
Citons en conclusion la dernière phrase du livre d'Yvette Roudy, ("Allez les femmes !" paru en 2005) : "Allez les femmes. On vous attend. La politique, plus que jamais, a besoin de vous. C'est le moment."
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