Les syndicats donnent une image vieux jeu, rétrograde, voire de repaire de « tire au flanc ». Leurs militants vieillissent et peinent à se renouveler.
En face, les salariés ont une attitude individualiste, « prudente » et consumériste du syndicalisme. Par peur d’être repérés par la Direction - et assimilés soit à des fauteurs de trouble, soit à des fainéants - ils n’osent pas se syndiquer. Ils ne perçoivent pas l’intérêt de payer une cotisation pour n’en retirer aucun avantage (sauf dans le cas où ils rencontrent une situation professionnelle difficile et souhaitent être défendus) ; ils sont simplement des consommateurs (parfois très exigeants) des activités du Comité d’Entreprise. Les jeunes ne conçoivent pas de faire toute leur carrière dans la même entreprise et par conséquent l’investissement personnel est minime.
L’utilité des syndicats, de l’action collective n’est pas perçue de manière évidente (sauf lorsqu’elle sert à protéger un salarié, cf statut des élus empêchant de les licencier, on cite aussi l’exemple de l’avancement meilleur pour les salariés syndiqués dans certaines entreprises).
Le patron passe parfois au-dessus des syndicats pour négocier directement avec les salariés pris individuellement. C’est la conscience que le rapport de force existe ou pas dans l’entreprise : le patron est conscient de la capacité/incapacité réelle d’action et de mobilisation par les syndicats. C’est aussi la négation du rôle de médiation des syndicats.
Dans certains pays nordiques, les avantages négociés par les syndicats ne bénéficient qu’à leurs adhérents, en France ils s’appliquent à tous.
Les couleurs politiques attachées aux principaux syndicats peuvent gêner certains.
Enfin, il faut reconnaître que la lutte des classes n’est plus mobilisatrice des grands débats car le monde a changé. Notamment, la forme nouvelle que prend la mondialisation libérale, avec la délocalisation des services immatériels (ex : assistance téléphonique délocalisée de France vers le Maroc ou l’Inde) devra être prise en compte dans notre réflexion. Quelle est la plus value du syndicat dans ce contexte de mondialisation ?
Quelle est notre vision de la démocratie sociale, quel rôle souhaiterons-nous donner aux syndicats ?
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